Présentation générale

Présentation générale
Mathias : Bon, je mets un petit message avant de partir (en fait t'as raison, t'es un peu privilégié xD).
Non mais comment veux-tu aussi, je crois que t'es le seul lecteur mec que j'ai ! [à moins que certains ne se soient pas encore exprimés]
Une star ? Lol, ouais, mieux que "les petits rockeurs" comme tu dis. Si tu veux je peux faire un effort et écrire tout petit. Genre comme ça mais je suis pas sûre que t'y voie grand chose après.
Heum. Oui, j'ai tenté une fiction hors TH (la deuxième en fait, mais la première avait été effacée), le problème c'est que les gens ne veulent lire que du TH. Enfin, à part certains que je remercie au passage, donc ça me démoralise un peu, j'avais même prévu d'arrêter cette fiction. Mais bon en fait je suis remotivée. --"

Non pas débutante dans les fictions, j'arrive sur ce blog avec derrière moi, une dizaine d'histoires écrites. La passion me mène loin, très loin. Je me suis rendue compte que j'étais incapable de m'arrêter en essayant de le faire. Voilà pourquoi ma dernière fiction a été laissée en suspend. Mais au fond je crois que c'est un mal pour un bien. Cela m'a permis de prendre du recul, de savoir ce que je voulais vraiment. Je sais à présent que si je n'écris pas, je deviens folle. Alors je recommence tout à zéro. Avec un blog tout neuf. J'aurais du faire ça depuis longtemps, maintenant je sais qui est prêt à me suivre, je sais quelles sont les personnes qui me lisent vraiment. Je me suis débarrassée d'un lourd poids. J'espère que vous aimerez cette fiction autant que vous avez aimé les autres. J'espère que vous rirez. Que vous pleurerez. Que vous vous laisserez porter par mes mots. J'espère que j'arriverai encore à vous faire rêver, vous emmener dans ce monde que je ne connais que trop bien maintenant, celui ou l'ordre et le désordre se mélange, celui où le maître mot est : Magie.


Ici, je ne veux que de vrais lecteurs. C'est à dire ceux qui ne viennent pas pour que je leur rende le double de leurs coms, ceux qui apprécie vraiment ce que je fais, ceux dont les critiques sont construites et ceux qui ne viennent pas comme si on leur donnait une corvée. Si vous ne faîtes pas partie de ces personnes, veuillez sortir. Merci. =)
Toute question aura une réponse. Sauf si bien sûr, vous me demander comment va se terminer l'histoire. x)



Mes autres blogs : Mon tout premier, mes débuts, mon évolution o0-fic-th-bill-0o avec 6 fictions [mais la sixième n'a pas été finie] et tous les résumés de toutes mes fictions.

Traum-noch : Leya est une fille comme les autres. Actuellement en vacances elle rencontre de nouveaux amis. Seulement certains sont décidés à la lui rendre abominable. Complot derrière elle. Qui ? Pourquoi et qu'a-t-elle fait ? Serait-elle trop heureuse...

So-crazy-smiles :
Bill est en plein conflit avec son frère. Une fille autour de tout ça : Amy.
Amy n'est autre que la copine de Tom dont Bill est tombé amoureux. Tombé dans une dépression comique, le chanteur se confie à sa meilleure amie, Chloé. Ces deux-là forme un duo exceptionnel et entame connerie sur connerie. Histoire déroulée sur de nombreuses gaffes. A lire si vous aimez mon humour. ^^

l0unely-chl0opy-st0ry en partenariat avec Chloé :
l0unely et Chl0opy ne sont que de simples pseudos sur internet. En réalité elles s'appellent Pauline et Chloé. Elles se détestent dans leur vie sans savoir qu'elles s'adorent sur le net. Pourquoi tant de haine ? Une statue brisée, des vacances gâchées à cause d'une punition et une rencontre leur feront peut-être prendre conscience de la réalité.

BL-vs-TH en partenariat avec Fanny :
BeLove est un groupe Allemand connu mondialement. Composé de trois membres : Nolan Maya et Madyson, le groupe défit les Tokio Hotel. Concurrence, jalousie, méchanceté, trahison et moquerie, jusqu'où iront-ils pour être les meilleurs ?


Bien, maintenant si vous êtes prêts je vous amène au monde perdu. Là-bas, il y a des hommes, des femmes mais surtout des enfants, ou plutôt : un enfant. Cette histoire ne ressemble à rien de ce que j'ai pu faire auparavant. Tout change. Je vous laisse découvrir l'histoire, l'histoire d'un monde où on ne dit rien, c'est là où l'on doit se taire, et lorsqu'on vous enlève cette obligation, tout explose en milliers de morceaux. C'est comme une bombe, mais il n'y a pas de minuterie, tu ne sais jamais quand tout va éclater.


Les photos sont prises sur Deviantart.com

# Posté le mercredi 15 octobre 2008 14:15

Modifié le samedi 26 septembre 2009 08:46

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 1 : Visage d'ange pour un apprentit démon.

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 1 : Visage d'ange pour un apprentit démon.
_ NOOOON !
En colère, il l'était. Sûrement plus qu'il ne le croyait. Ses membres tremblaient nerveusement, tombant comme de lourdes pierres dans le vide. Presque dans l'inconscient, il hurlait, il criait contre la vie, contre l'amour, contre la paix, contre le monde. Il se laissait aller à la folie, sans savoir que cela empirait sa situation. Roi, il l'était. Insatisfait, il l'était aussi. Jamais content, toujours quelque chose à redire, le regard noir, la haine dans l'âme. Voilà à quoi il s'était réduit. Sans s'en rendre compte.
_ Putain de gosse !
Ce qu'il insultait ainsi, c'était le résultat d'un amour passé, passionnel et sans limite. Amour qu'à présent il détestait, au c½ur du conflit avec sa nouvelle cible. Oui, il avait un fils. Bill Kaulitz avait un fils. L'homme au sang froid, le prince d'un nouveau monde avait un fils. Mais il ne fallait pas que le monde sache, c'était mauvais pour sa pub, pour sa popularité, pour son cocon, cette richesse qui l'aveuglait. Ce petit bout d'homme, il aurait voulu le tuer. C'était l'erreur de sa vie, la cause d'un prochain désastre. Il fallait qu'il meure. Il n'aurait jamais du naître.
_ Il est moche ! Moche ! C'est la laideur du monde !
Oui... ses paroles étaient sûrement violentes. Massacrantes. Déchirantes. Choquantes. Mais qu'est-ce qu'il en avait à faire, ça lui faisait tellement de bien de se laisser aller ainsi. Il le détestait. Autant qu'elle. Elle ? C'est celle qu'auparavant, il aimait plus que tout. Celle pour qui il aurait pu donner sa vie. La seule, l'unique amour de sa vie. Enfin c'était ce qu'il croyait. Parce que maintenant elle pouvait bien errer dans les rues seule, il ne lui donnerait pas un sou. Peut-être même irait-il jusqu'à lui rire au nez. Pour qu'elle ait encore plus mal, pour la voir pleurer de chaudes larmes coulant à cause de lui. Par sa faute, oui tout devait être de sa faute. Le monde devait tourner autour de lui, et rien que de lui. Les hommes devaient pleurer pour lui, l'idolâtrer, l'aimer, l'aduler, au point d'en crever.
Le voilà votre Bill. Celui qui vous fait rêver à chaque journée. Le voilà, celui que vous aimez tant, celui que vous croyez ange alors qu'il n'est que démon. Le voilà... lui pour qui vous seriez prête à tuer, lui que vous comparez à dieu alors qu'il est le diable, lui que vous aimez tant tandis qu'il vous trouve tellement pitoyables... Tellement pathétiques à crier son nom dans la rue, à vouloir sa signature sur un futile bout de papier. Oui il vous déteste. Mais il trouve ça tellement jouissif d'être en haut de l'échelle sociale, de voir le monde s'activer pour lui, de voir des larmes couler au coin de vos yeux à cause de lui, de vous voir prête à tout pour lui. Lui, lui, lui, toujours lui et encore lui ! Rien que lui.
"Elles sont si stupides..."
Oui voilà ce qu'il pensait... Mais au fond, à cause de qui, à cause de quoi ? Ne fait-on pas tous partie de ces personnes-là ? On y contribue tous. Qu'on l'adule, qu'on le déteste ou qu'on soit indifférent à sa personne, tous nous envenimons sa haine. Parce que chacun le voyait comme ce chanteur, parce que chacun le mettait à un rang différent, parce que personne n'a su voir à travers lui l'humain, parce que personne n'a su voir en lui la ressemblance avec les autres. Alors il se créa un autre homme. Homme qui n'était plus homme. Démon, diable, peu importe le nom que vous lui donniez. C'est à ça qu'il ressemblait à présent. Parce que le monde avait décidé qu'il n'était plus qu'un jouet. Le monde avait décidé qu'il était objet.
_ Tssss... quelle bande de cons.
Toujours ces insultes. Jamais il ne s'arrêtait. Jamais il ne s'en lassait. C'était comme s'il se vengeait de toutes ces jolies choses qu'il disait à la télévision. Pour faire bien comme on dit. Toutes ces choses qu'il ne pensait pas. Qu'il disait avec un soupçon de regret, qu'il disait en hurlant dans son âme l'inverse. L'ange de ses fans, voilà ce qu'il était. Mais il n'avait jamais voulu être un ange ! Qui avait pu parler d'ange ! Non, il n'était pas un ange, il ne voulait surtout pas en être un. Ces êtres qui puent l'amour ? Jamais... jamais il ne ressemblerait à l'une de ces créatures. C'est l'enfer qui le fascinait. Pas le paradis. Le Paradis c'était son monstre.
_ Et ce putain de gamin là !
Et c'était repartit pour son délire. Le voilà qui criait, ou plutôt hurlait. Une nouvelle crise commençait. Qu'est-ce qu'il pouvait faire pitié, allongé sur son lit, les mains sur la tête, s'arrachant presque ses longs cheveux noirs. Les yeux crispés, la bouche grande ouverte, les jambes gesticulant dans tous les sens. Tout était désordre. Désordre mental, désordre physique. Il ne se réduisait plus qu'à un corps dont l'âme se détachait un peu trop loin.
_ Bill ! Oh Bill ! Tu te calmes oui !
Son frère venait d'entrer en trombe dans la pièce. Il n'en pouvait plus de l'attitude de son double. Au fond, plus le temps passait, plus il le détestait. Il le secoua dans tous les sens, essayant tant bien que mal de le ramener à la réalité. Mais Bill restait dans son univers de folie. Criant toutes les injures inimaginables. Déclarant la guerre à la paix. Tom ne vit alors qu'une solution, il commença par lui donner plusieurs gifles, puis voyant qu'il n'y avait aucune réaction, il se dirigea dans la salle de bain, revint avec un verre rempli d'eau et le jeta sur son jumeau qui d'un bond, se releva du lit.
_ Merde ! T'es complètement crétin ou quoi ! C'est froid abruti ! hurla le chanteur.
_ Faut dire que ce n'est pas simple de réveiller Monsieur quand il est en crise. Alors désolé si je n'ai pas prit de l'eau chaude, il faut dire que mon intelligence est tellement médiocre à côté de la votre, ironisa Tom, les bras croisés, le regard noir.
_ Tu veux peut-être que je te refasse le portrait ?
_ Essaye donc avec tes bras minuscules, ton anorexie, ton esprit complètement shooté, ta force minable et ton intelligence qui ne dépasse pas celle d'un petit de trois ans.
_ Parle pas de gosses ! Tu ne sais pas ce que c'est !
_ Parce que tu le sais toi peut-être ? T'es même pas capable de l'accepter ton gamin, tu détestes tout le monde ! Même celui à qui t'as donné la vie !

Contrairement à toutes attentes, le brun se mit à rire. Un rire tellement mesquin que le guitariste en aurait presque eut peur, reculant de quelques pas. Les yeux noirs du fou qu'était devenu son frère étaient digne d'un film d'horreur, ce genre de films où vous vous cacher derrière le siège en face de vous, gênant la personne assise sur ce même siège avec vos tremblements répétitifs.
_ Mais Tom ! Comment veux-tu que j'apprécie le monde alors que je ne suis entouré... QUE D'ABRUTIS ! cria-t-il. Ces mêmes abrutis, tel que toi, à qui je voudrais bien déformer le visage à coups de poings massacrants..
_ Que de la gueule. Répondit Tom calmement.
Bill se retourna, le visage rouge de rage. Son frère releva un sourcil, le défiant d'un nouveau combat. Tom connaissait le point faible de Bill et il en jouait. Chose qui déconcertait le chanteur au plus haut point. Alors il se jeta brusquement sur lui, chantant un cri de guerre abominable. Tom réagit au quart de tour, ne connaissant que trop bien cette situation là à présent. Il prit le bras de son double, le retourna et d'un coup, grâce à ce coup de main qu'il avait prit à force de se battre avec lui, il le fit tomber sans trop de difficultés. Il s'allongea alors sur son frère, bloquant les mouvements de ses bras en plaquant ses mains contre le sol et regarda les yeux sa moitié crier une haine paralysante.
_ Maintenant tu vas te calmer ! T'es pas le roi, tu ne fais pas ce que tu veux c'est clair ? Il y a des règles dans un pays et elles doivent s'établir pour toi aussi ! Alors tu respectes les autres et les autres te respecteront, tu assumes tes actes ou tu n'es qu'un lâche ! T'as compris ? hurla Tom, fou de rage, fatigué des multiples caprices de son frère.
Se sentant humilié, la colère de Bill ne faisait qu'augmenter. Sa respiration rageuse se faisait de plus en plus forte et d'un coup, sans que Tom ne puisse s'en rendre compte, il lui cracha à la figure. Une fois que le guitariste fut déstabilisé, le chanteur reprit sa domination. Il écrasa Tom contre le sol et lui envoyait plusieurs coups de poings à la figure, complètement déconnecté du monde, sombrant dans la folie, c'est à peine s'il se rendait compte de ce qu'il faisait.
_ Bill ! Arrête putain !
Les coups du grand brun devenaient de plus en plus violents, incontrôlés et automatiques. Tom ne vit alors qu'une solution pour alléger sa souffrance, crier, hurler, jusqu'à ce que quelqu'un l'entende. Et c'est alerté par les hurlements du guitariste que Gustav, le batteur du groupe, entra dans la chambre. Blasé de voir qu'une nouvelle dispute avait encore éclaté entre les deux frères, le petit blond passa ses mains sur les épaules de Bill. Il le retira en arrière, lui demandant de se calmer. Ce qu'il fit, reprenant sa respiration, étant enfin libéré, assez défoulé pour la journée. Du moins pour l'instant.
_ On ne peut vraiment pas vous laisser seuls deux minutes, finit-il par dire.
Il n'eut pas de réponse, le chanteur se releva, recoiffa ses cheveux et retourna s'allonger sur son lit, comme si rien ne venait de se passer. Comme si quelqu'un venait de balayer la scène pour tourner la page et recommencer la même chose. Tom lui lança un regard noir plein de haine après s'être passé la main sur son visage.
_ T'es qu'un gros con, tu finiras assassiné ! balança-t-il dans un excès de colère.
_ Ah... et tu te réjouirais de la mort de ton propre frère ?
_ Mon frère, il y a bien longtemps qu'il est mort.

Paroles violentes, choquantes pour le chanteur qui ne s'attendait pas à une telle réponse. Tom sortit de la pièce, ses yeux étaient embués de larmes, pourtant il détestait ça pleurer mais c'était devenu trop dur. Dans les couloirs de l'immense hôtel il accélérait le pas, il alla dehors et sortit de sa poche un paquet de cigarettes, en alluma une qu'il termina en peu de temps. Epuisé par cette vie, il se laissait aller, penser, rêver, partir ailleurs de ce monde.
_ Tom ?
Le guitariste soupira, Gustav s'assit à ses côtés sans un mot. Il l'observa simplement, se demandant comment ils avaient pu en arriver là.
_ Tu as pleuré ?
_ Non.

Le batteur ne répondit rien. De toute façon sa question était déjà d'une stupidité incroyable, bien sur qu'il avait pleuré, cela se voyait au rougeurs posées sur ses cernes de fatigue et ses yeux boursouflés.
_ Pourquoi vous vous étiez disputés cette fois ?
_ Il faisait une crise, impossible de le calmer alors je lui ai jeté de l'eau dessus. Et puis ensuite on s'est une nouvelle fois insulté, et je lui ai parlé de son fils.
_ Tu n'aurais pas du, laisse-le régler ce problème.
_ Je ne peux pas ! Sarah était ma meilleure amie ! De la voir malheureuse à cause de lui ça me tue...
_ Une meilleure amie Tom ?
_ Ne dis pas n'importe quoi !
_ Comme tu voudras...

Le silence reprenait place. Du moins c'est ce qu'on croyait, à les voir là, assit l'un à côté de l'autre, sans rien dire. Sans le moindre son. Sans un seul mot. Pourtant leur esprit était en plein conflit, bruyant, plus bruyant que tous les hurlements qu'ils auraient pu produire par le simple biais de leur voix. Ils avaient peur, peur d'avoir détruit leur ancien monde, celui où tout était calme, simple, bon et tranquille. Là où il n'avait pas à se battre pour de futiles choses, c'était avant. Quand ils étaient innocents, quand ils étaient encore amis, quand l'univers ne connaissait pas encore leurs noms...


***

Un peu de stress, comme à chaque nouvelle fiction. x)
Et bien j'espère que ce premier chapitre vous satisfait. Rassurez-vous, il n'y aura pas tout le temps ce genre de scène et Bill ne sera pas le seul méchant. D'ailleurs je ne sais pas si on peut parler de méchants.
Le deuxième chapitre est déjà d'une toute autre forme. Au chapitre deux, je vous amène à la rencontre de Kimy. Et si on détendait l'atmosphère un peu ?
B'sous à tous. =)

# Posté le mercredi 15 octobre 2008 13:50

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 07:36

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 2 : Un monde endormi n'est pas un monde efficace.

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 2 : Un monde endormi n'est pas un monde efficace.
_ Hem... faut appuyer sur quel bouton déjà.
Elle posa sa main sur sa tête, tapant nerveusement son doigt contre son crâne ce qui lui faisait entendre un raisonnement intérieur, comme si son cerveau était vide, démuni d'intelligence. Elle était un peu tête en l'air, voire même beaucoup tête en l'air. Elle venait d'accéder à un travail exceptionnel, elle avait bien sur été pistonnée mais ça, il ne fallait pas le dire. Son problème, c'était qu'elle n'avait pas le droit au moindre faux pas. Elle travaillait pour la télévision, une émission à la con qu'elle détestait mais peu importe, cela lui faisait gagner de l'argent. C'était le principe d'un travail, non ? Son boulot était de faire apparaître de grandes images sur le grand écran du plateau, au moment qu'il fallait bien sûr. C'était son premier jour, enfin, son premier VRAI jour. Lors du stage, elle avait réussit à tout mémoriser et tout refaire sans problème mais là ce n'était pas pareil... c'était en direct, c'était pour de vrai et non pour de faux. Peut-être qu'au fond, ça lui mettait un peu la pression.
_ Allez Kimy, on se décide !
Les milliers de petites touches se présentaient à elle, il fallait en choisir une, et vite. Le présentateur n'allait pas tenir longtemps à faire patienter le public. Alors lequel de ces boutons seraient le bon ? Le rouge, le bleu, le vert ou bien l'un de la centaine de noirs ? Le rouge lui semblait une bonne couleur, sans vraiment savoir pourquoi, elle appuya donc sur celui-ci après quelques secondes d'hésitation. Il fallait tenter quelque chose, voilà qui était fait mais le choix était mauvais. Il fallait s'en douter, le hasard n'est jamais la bonne solution. Les lumières de la salle s'éteignaient, des traits rouges et noirs apparaissaient sur l'écran et son patron arrivait, rouge de colère.
_ Aïe, aïe, aie...
L'homme avançait vers elle, son grand air supérieur et ses gros sourcils noirs froncés. Des gaffes, elle n'arrêtait pas, c'était comme une fatalité, tout ce qu'elle touchait se transformait en catastrophe, des montagnes de catastrophes. Voilà à quoi se résumaient ses actes, peut-être même sa vie, sa personnalité. Alors forcément, pas facile de trouver un boulot. Ou plutôt, pas facile de garder un boulot.
_ Vous êtes virée !
Voilà. C'était fait. C'était dit. La seule phrase qu'elle ne voulait pas entendre venait déjà d'être prononcée. Elle s'excusa rapidement, prit à la volée ses affaires et sortit de la pièce en courant, se remémorant la scène sans cesse. Rigolant au passage. Se moquant d'elle-même.
"Quel boulet"
Elle se rappelait soudainement des touches sur lesquelles il fallait appuyer, mais il était trop tard. Un retour en arrière l'aurait bien aidé, mais soyons réaliste, cela n'existe que dans les contes de fées. Ceux où les princesses trouvent leur prince charmant et où les méchantes sorcières se retrouvent piégées en enfer pour l'éternité. Sur Terre c'est un peu l'inverse. Les princesses restent seules pendant que les sorcières leur piquent le prince charmant. Triste sort comme on dit.
Elle soupirait encore, sans cesse, continuellement. Pourtant d'une manière, cette situation la faisait bien rire. Il y avait comme quelque chose de drôle dans toutes ses mésaventures, quelque chose qui lui disait : "Oh ce n'est rien, la vie continue, t'en feras d'autres". Et alors qu'elle marchait avec ce sourire accroché aux lèvres elle bouscula quelqu'un, ou plutôt, quelqu'un la bouscula, la faisant sortir de ses rêveries.
_ Hé ! Tu ne regardes jamais où tu marches toi ! hurla-t-elle.
L'homme a qui elle s'adressait, s'excusa dans une faible voix, remit ses lunettes noires d'espion et s'apprêta à partir. Enervée par cette réaction peu polie, Kimy lui tira le bras, criant des injures plus fortes les unes que les autres, attirant le regard de la foule. Chose qu'elle avait l'habitude de faire. Le garçon, avec sa casquette et ses grosses lunettes eut comme un semblant de panique. Il empoigna le bras de Kimy qui pensant alors qu'on allait l'enlever, se mit à hurler encore plus fort que les fois précédentes. Le mystérieux garçon l'emmena un peu plus loin, dans une ruelle vide où il lui lâcha le bras, essoufflé d'avoir couru aussi vite.
_ Non mais t'es tarré ! Psychopathe ! Voyou ! Crétin !
_ Désolé !
cria-t-il à son tour, je n'avais pas le choix.
_ Pas le choix ? PAS LE CHOIX ? Et pourquoi t'avais pas le choix, je te prie ?
Le garçon soupira, se disant qu'il était encore tombé sur une folle. Il enleva ses lunettes et sa casquette, faisant place à de longs cheveux bruns et un visage que certaines auraient qualifié de visage parfait. Kimy en resta bouché bée, elle plaça sa main devant ses lèvres, s'excusant de multiples fois. Elle avait, une fois de plus, entamé gaffe sur gaffe. Elle avait devant elle Georg Listing, bassiste de Tokio Hotel, groupe qu'elle idolâtrait, et elle venait à l'instant de le traiter comme une misérable personne. Oui, sûrement devait-elle être maudite. Avait-elle fait quelque chose de mal pour être aussi peu chanceuse ?
_ Je suis désolée, vraiment. Il ne m'arrive que ce genre de choses. dit-elle une dernière fois.
_ Ce n'est pas si grave, ne t'en fais pas. Quel est ton prénom ?
_ Kimy.
_ Moi c'est Georg. Enfin, je ne sais même pas pourquoi je te le dis, tu dois être fatiguée de le savoir
, dit-il dans un soupçon de mélancolie.
_ Fatiguée n'est pas le mot mais oui, je le sais. Par contre toi tu as l'air fatigué, je me trompe ?
_ Non. En fait, ça ne va pas trop dans le groupe en ce moment.
_ Pourquoi ?
_ Tu n'as rien remarqué ?
_ Non.

Suite à cela il éclata de rire. Kimy cru d'abord qu'il se moquait d'elle mais par la suite, en voyant les yeux du bassiste briller à cause de l'eau qui commençait à les remplir, elle comprit qu'il y avait autre chose. Et cette chose là devait être importante pour que ça le mette dans cet état. Lui, lui qu'elle croyait invincible, lui qu'elle n'avait pas imaginé un seul instant verser des larmes. Même pas dans un autre monde...
_ C'est dingue tu ne trouves pas ? Nos fans disent se préoccuper de nous et pourtant elles ne remarquent même pas la chose la plus visible qui soit. Toi par exemple, dis-moi, comment imagines-tu Bill ? demanda-t-il.
_ Oh... je ne sais pas trop. Je pense qu'il est drôle, avec toujours une part d'enfant caché en lui. Je crois que c'est une personne assez sensible.
_ Sensible ! Tsss... je vais te dire moi, tu viens de me décrire le Bill médiatique. Le vrai Bill, celui que JE vois tous les jours, c'est le mec le plus con qui soit, crois-moi.

Cette révélation eut le don de faire trembler Kimy de peur. Comment est-ce que le groupe qu'elle écoutait chaque jour devant son poste radio et qu'elle suivait à toutes ses interventions télévisées pouvait-il être aussi instable, fragile et... peut-être même malheureux. Jamais cette idée-là ne lui avait effleuré l'esprit. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi Georg lui disait tout ça. Peut-être est-ce que ça le libérait, peut-être avait-il besoin de le dire. Comme si c'était quelque chose qu'il avait trop longtemps gardé pour lui et qu'à présent il voulait faire sortir de son esprit, voire même de son corps.
_ Vous n'êtes pas amis, tous les quatre ? hésita-t-elle à demander.
_ On l'était, il y a quelques années, avant que Bill ne devienne ce qu'il est.
_ Qu'est-ce qui s'est passé ?
_ Rien. Et puis je ne devrais pas t'en parler, excuse-moi.

Il semblait bouleversé, comme s'il ne s'était pas rendu compte que depuis quelques minutes il était en train de dévoiler le secret. Le sien. Le leur. Ce lourd secret qui devenait de plus en plus pesant. Il se remit alors à sa place, refit son faux sourire habituel. Tout devait rester dans l'ordre, le désordre ne devait pas apparaître. Jamais. Le monde devait fermer les yeux et eux, il devait faire rêver le monde. Eux aussi devaient fermer les yeux... mais la réalité devenait de plus en plus présente. Trop présente. Trop visible. Trop dure.
_ Hé attend ! Où tu vas !
Il ne lui répondit pas, s'éloignant d'elle le plus rapidement possible, conscient de son erreur.

Cela faisait bien longtemps que Georg n'avait pas parlé avec le monde extérieur. Encore moins avec une fan. Une fan aveugle. Endormie, aussi endormie qu'eux. Sauf que les fans étaient endormis par les journaux. Eux, ils étaient endormis par les belles paroles de leur manageur. Pis encore... certains s'endormaient sur des substances qu'ils n'auraient jamais du toucher. Mais lorsqu'il est trop tard, on ne revient pas en arrière. Non cela n'existe pas, c'est le plus grand fantasme de l'homme et pourtant, chacune de ses erreurs reste encrée dans sa vie, pour l'éternité. Georg le savait bien. Il se retournait presque toutes les minutes. Vérifiant si Kimy ne le suivait pas. Il s'insultait intérieurement de tous les noms d'avoir ainsi dévoilé sa vie. Il arriva peu de temps après devant l'hôtel. Il soupira, tourna la tête une dernière fois et entra à l'intérieur. Tom et Gustav l'attendaient depuis quelques temps déjà, les sourcils froncés.
_ Qu'est-ce que tu foutais ! demanda Tom, il ne faut pas trois heures pour aller chercher une bouteille de vinaigre !
_ C'est sans compter les fans Tom.
_ Il y en qui t'ont reconnu ?
_ C'est plus compliqué que ça mais laisse, rien d'important.

Tom leva un sourcil, un sourire au coin de la lèvre. Le bassiste lui donna un coup de coude en imaginant ce à quoi il pouvait penser. Gustav sourit en voyant la scène se dérouler devant ses yeux et il arracha des mains, la bouteille que Georg venait d'acheter.
_ Bon aller, assez rigoler, on y va ? dit-il, impatient.
_ Quand même... ce n'est pas cool. répondit Georg.
_ Tu crois qu'il est cool lui ?
_ Non mais...
_ Il n'y a pas de mais ! Il ne saura pas que c'est nous de toute façon.
_ Tu y crois vraiment ?

Le batteur haussa des épaules. En fait, peu lui importait de se faire incendier par la suite. Il avait envie de s'amuser et cela semblait un bon moyen. Tom, toujours prêt pour ce genre de coup alla sortir le Coca du frigo et le posa sur la table. Gustav s'approcha avec le vinaigre et regarda Georg d'un air malicieux.
_ Bon d'accord, d'accord ! se décida le bassiste dans un soupir.
Il ouvrit les deux bouteilles, jeta du Coca dans l'évier et remplit le reste de la bouteille de Coca par le vinaigre. Tom s'étouffait sous ses rires tandis que Gustav gardait son petit sourire sur les lèvres.
_ Mon dieu... l'odeur est affreuse ! s'exclama Georg.
Tous éclatèrent de rire. Ensuite ils remirent la bouteille de Coca/Vinaigre au frigo, s'imaginant la tête de Bill lorsqu'il aurait "une petite soif". Oui voilà... il avait prévu tout ça juste pour entendre hurler le chanteur. Etait-ce devenu une nouvelle attraction ? Comment réagirait Bill en buvant cette boisson ? L'avenir leur dirait mais ce qui était sûr c'était que dans aucun cas il n'aurait les félicitation du "maître".

Kimy soupirait, les aveux que venait de lui faire Georg la rendaient perplexe, momentanément perdue dans un état rêveur. Elle marchait tranquillement, soucieuse. Puis elle décida de s'arrêter dans un bar, prendre son temps, penser à tout et à rien et pourquoi pas, rencontrer des gens. Elle aimait ça faire des rencontres, voir que toutes ces différentes opinions se rencontrer, faire un bruit phénoménal sans savoir qui a raison. Au fond, peut-être que personne n'a raison. Ou alors, peut-être qu'on a tous raison.
Elle opta finalement pour un Fast-food, l'heure de manger arrivait et elle commençait à avoir faim. Les yeux étaient tous rivés sur elle mais elle s'en fichait, elle avait l'habitude. Avec ses jolies mèches bleues dans les cheveux, elle attirait souvent les regards. Elle s'assit à une table, une fille y était déjà assise, elle portait dans ses bras, un enfant. Deux ou trois mois à peine, peut-être même moins. Le bébé pleurait mais la fille semblait ne pas y faire attention, elle mangeait ce qu'elle avait commander sans se préoccuper du petit.
_ Excuse-moi mais je crois qu'il a faim...
La fille aux cheveux noir charbon releva ses yeux vers elle, la foudroyant du regard. Kimy en eut quelques frissons. On aurait dit que ce qu'elle venait de dire était la pire chose à dire, et c'était un peu cela... mais le petit faisait tellement de peine, pleurant toutes les larmes de son petit corps, qu'il était hors de question pour Kimy de laisser faire ça devant ses yeux. Sans réagir. Ni rien faire.
_ De quoi je me mêle !
_ Pardon, c'est juste que ça me fait de la peine.
_ Les plus gênés s'en vont ! Je sais m'occuper de mon gosse, non ?
_ Hé ! Tu te calmes ! Je n'ai pas été impolie que je sache alors fais-en de même !
_ Si justement, c'était impoli ! Quand on ne sait pas, on ne dit pas, on ne t'a jamais apprit ça ?

Sur ces mots la jeune fille se leva et partit rapidement. Les paroles de Kimy avaient réveillé sa colère. Elle s'appelait Sarah, sa vie venait à peine de débuter, elle n'avait que dix-huit ans. Elle adressait à son visage, toute la fierté dont elle était capable, se créant une carapace qu'elle croyait indestructible. Mais il y avait, au coin de ses yeux, de grosses larmes bouillantes, prêtes à tomber comme de longues cascades sur ses joues roses. Le gosse hurlait, criant sous la pluie meurtrière, le triste sort de sa naissance. Mais elle n'écoutait même pas son fils, elle ne voulait pas l'écouter. Parce qu'il était source de son malheur, source de son passé, source de la réalité. Elle le détestait, il faisait partie d'un autre monde. Un monde perdu.


***

Je sais que certaines d'entre vous voient une ressemblance avec l'histoire de Swann. Pourtant croyez-moi, ça n'a rien à voir.
En fait je ne m'étais même pas rendue compte de la ressemblance. x)
Vous verrez par la suite que c'est autre chose [et heureusement. =)], je ne vais pas reproduire une fiction que j'ai déjà terminée.
Sinon vu que c'est les vacances, j'ai de l'inspiration, du temps et alors je me suis beaucoup avancée dans les chapitres.
Voilà pourquoi le chapitre deux est arrivé si rapidement. =)



Sinon dîtes-moi qui souhaite être prévenu lors des nouveaux chapitres. Je vais faire une petite liste.

# Posté le lundi 20 octobre 2008 13:14

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 07:47

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 3 : L'enfant.

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 3 : L'enfant.
Courant à toute allure sous la pluie massacrante, Sarah n'avait qu'une idée en tête, aller au point de rendez-vous qu'il lui avait donné. Lui, celui qu'elle aimait, plus que tout, enfin... c'est ce qu'elle pensait. Du moins pour l'instant. Cela ne durerait pas. Son fils dans ses mains, s'étouffait avec ses larmes. Peut-être qu'en voyant ce petit bout d'homme, moitié d'elle et moitié de lui, il s'attendrirait, il quitterait alors ce foutu groupe. Il l'aimerait peut-être enfin et il oublierait ce pour quoi il était né. Mais la tempête avait déjà débutée, et elle était bien déterminée à aller jusqu'au bout, tout détruire, tout casser, briser des vies et tout ça sans le moindre sentiment.
Rien qu'un monstre. La vie n'était rien qu'un monstre.
Alors elle marchait. Non, elle courait. Sous la violente colère des dieux. Triste et mélancolique. Terrifiée et à moitié tuée. Le monde l'observait avec dégoût, on la montrait du doigt avec son petit bout de paradis endiablé, la tête logée dans le creux de son cou. La pluie ne s'arrêtait pas, c'était le sort que lui réservaient les démons. Et elle avait beau avoir peur, rien n'y changerait. Les cris, les hurlements, les chuchotements, les rires narquois, tous se mélangeaient sans qu'elle n'y réagisse. Non, il ne lui restait plus qu'un but et elle voulait s'y consacrer entièrement. Oublier le reste. Parce que le reste ne servait à rien. Le reste était éphémère. Le reste n'était que détail. Détail mit sur sa route comme obstacle. Et elle résistait.
"Pour lui. Pour moi. Pour nous."
Elle continuait sa route, arrivant enfin devant cet hôtel de luxe d'une hauteur qu'elle n'osait même pas imaginer dans ses rêves. Elle se stoppa. Elle reprit son souffle, regarda son enfant et se demanda s'il fallait vraiment y entrer. Elle ferma les yeux de manière crispée, secoua vivement la tête de droite à gauche et reprit espoir. Oui, il voudrait d'elle en les voyant.
"Et s'il préférait le luxe à une famille..."
Elle chassa cette idée de sa tête et mit d'abord un pied à l'intérieur, elle avait franchit le seuil interdit. Son c½ur battait à vive allure, et ce fut pire lorsqu'elle vit tous les yeux rivés sur elle. Chacun portait les vêtements appropriés à la classe sociale qui pouvait entrer dans ce genre d'endroit. C'est à dire des vêtements dont elle ne pouvait même pas payer la moitié du prix avec toutes ses économies.
Non, elle ne se sentait pas à sa place...
_ Sarah Mitwack ?
Un sursaut. Son visage changea. Enfin un sourire. Sourire auquel on ne lui répondit pas. Tout commençait mal, très mal pour elle. L'homme lui demanda de le suive. Elle serra son fils dans ses bras, lui embrassant le front et suivit le chemin qu'on lui indiquait. Oui, son c½ur à cette heure là battait comme jamais il ne l'avait encore fait. On aurait dit une bombe à retardement. On aurait dit que tout pouvait exploser d'un moment à l'autre. Peur, oui elle avait peur, maintenant elle ne pouvait plus le nier.
Peur que tout explose.
On lui ouvrit enfin la porte d'une chambre. Elle entra timidement, hésitante. Il était là, les coudes posés sur le rebord de la fenêtre. Sans aucune réaction. Rien. Il ignorait simplement sa présence. Alors elle s'avança vers lui, comme pour lui montrer qu'elle était arrivée. Comme si elle croyait qu'il ne l'avait pas entendu entrer. Il tourna la tête vers elle et le petit. Il rigola, se moquant d'elle. Puis il se tut, et soupira.
_ Je suis là, dit-elle, comme si elle espérait encore qu'il lui saute dans les bras.
_ J'ai vu, hélas.
_ Tu disais qu'il fallait qu'on parle.
_ Non, plutôt que JE te parle.
_ Et bien je suis là maintenant, je t'écoute.

Elle réussissait encore à se faire entendre grâce à son fort caractère. Bill la regarda d'un air méprisant s'asseoir sur son grand lit, avec beaucoup d'assurance. Trop d'assurance selon lui. Elle fixait son regard, prête à lui faire assumer sa vie de père, même s'ils étaient jeunes, trop jeunes. Elle voulait y croire. Croire que c'était possible. Croire qu'ils pouvaient s'aimer. Croire qu'elle pouvait vivre d'amour et d'eau fraîche. Croire en ses rêves, surtout celui qu'elle avait fondé avec lui, il y avait déjà cinq ans. Mais tout ça avait disparu, complètement. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était que celui qu'elle avait devant elle n'était plus le même, et qu'il ne serait plus jamais celui qu'elle avait aimé. Parce que celui-là était mort. Mort sous le poids de la célébrité. Mort sous le poids de ces hurlements hystériques de ces milliers de filles, en bas, dans la rue. Elle avait devant elle, un étranger. Un étranger avec qui elle avait fait l'amour, ce même amour qui avait laissé place à un enfant, cause de son futur désespoir. Mais elle préférait ignorer cette triste réalité, restée bercée dans ses nombreuses illusions.
_ T'étais obligée de l'amener là, l'autre ! dit-il, pointant du regard le nourrisson, toujours logé dans les bras de sa mère.
_ C'est notre fils Bill !
_ Non, non ! Le tien, pas le mien, je n'en n'ai jamais voulu moi.

Silence.
Au coin de ses yeux, des gouttes d'eau salées prêtes à rouler le long de ses joues. Les paroles du chanteur étaient trop dures à encaisser. Beaucoup trop dures, violentes et massacrantes. Tellement qu'elle croyait en mourir. Elle lui en voulait. Elle lui en voulait de l'aimer. Elle lui en voulait d'avoir autant changer. Au fond, elle aussi elle n'en avait jamais voulu de cette enfant. Mais il était là, il fallait faire avec.
_ Oh puis ne chiale pas ! Ce n'est qu'un gamin.
_ T'as pas le droit de dire ça...
_ Depuis quand tu me dictes ce que je dois faire ?

Jamais. Elle n'avait jamais pu le faire. Il devait toujours avoir raison. C'était lui le roi, c'était lui le maître. Partout où il passait, quoi qu'il fasse, il avait le droit à tous les honneurs. On se mettait à genoux devant lui, on lui baisait les pieds comme on dit. On fermait sa gueule devant lui. Sauf une personne. Elle. Et c'est pour ça qu'au fond, il la détestait. Et que ça l'amusait de la voir ainsi meurtrie, par sa faute, entièrement par sa faute. Oui il aimait ça, la voir souffrir à cause de lui. Tout était à cause de lui, le monde tournait autour de lui.
_ Bill... s'il te plaît. Qu'est-ce qu'on va faire...
_ Rien. Toi tu vas t'en aller, me foutre la paix avec ce gamin qui n'est pas le mien et qui ne sera JAMAIS le mien. Tu vis ta vie, je vis la mienne.
_ MAIS JE T'AIME !

Silence. Ou presque. On entendait seulement le rire diabolique du chanteur. Les murs auraient presque peur, la ville se cache, le soleil s'endort et le monde se tait. Il ne vous reste plus que vos yeux pour pleurer. Regarder les conséquences dramatiques de vos actes. Regarder son pouvoir devenir de plus en plus fort. Voir le monde s'effacer sous son poids chaque jour un peu plus.
_ Sarah. Sais-tu combien de filles me disent ça et combien de fois par jour ? Que veux-tu que ça me fasse ?
_ Rien justement. C'est bien ça le problème.
_ Dégage ! Je ne veux plus jamais te voir !
_ Que tu le veuilles ou non, ce gosse je ne l'ai pas faite toute seule, et je te ferai assumer tes actes !
_ C'est ça ! Vire de là maintenant !

Elle retenait ses pleures, ces vulgaires larmes insignifiantes ne devraient jamais couler. Elle lui obéit, pour la première fois de sa vie mais elle n'abandonnerait pas. Elle était prête à tout pour qu'il l'aime, pour que tout redevienne comme avant. Pourtant elle le détestait, elle avait cette envie de le faire souffrir autant qu'il la faisait souffrir. Elle voulait qu'il endure tout ça, lui aussi. Elle attendrait sagement qu'il lui tombe dans les bras. Juste pour lui faire mal...

Bill était une fois de plus énervé. Il regarda à travers la fenêtre Sarah sortir de l'immeuble et s'asseoir par terre. Il soupira bruyamment et se retira. Il alluma la télévision et alla se chercher de quoi manger et de quoi boire. Un paquet de chips et une bouteille de Coca. Bouteille dont les ingrédients avait été changés un jour auparavant par ses trois amis. Bill, ne s'imaginant pas une telle chose, enleva le bouchon et porta la bouteille à ses lèvres. Lorsqu'une gorgée entra dans sa bouche, il lâcha d'un coup toute la bouteille qui se vida au sol. Il recracha ce qu'il avait faillit avaler et cria d'immondes injures.
_ Bande de cons ! continua-t-il.
Tom et Gustav qui se trouvaient dans le couloir, avaient comprit de quoi il s'agissait. Ils se regardèrent avant d'éclater de rire et s'en allèrent en courant plus loin. Mais le chanteur, les ayant entendu, sortit de sa chambre, le regard noir. Poursuivit par Bill, Gustav et Tom appuyaient sur le bouton de l'ascenseur. Trop tard. Bill arriva avant que celui-ci ne s'ouvre. Il empoigna le col de son frère et le souleva du sol. Alors que le dreadeux rigolait, Gustav essayait de calmer Bill.
_ T'en as pas marre de te payer ma tête ? Ça ne t'a pas suffit la dernière fois ? hurla le chanteur.
_ Non, d'ailleurs je te dois toujours quelque chose.
Sur ces mots le guitariste cracha à la figure de son frère, comme il le lui avait fait la dernière fois. Fier de sa vengeance, Tom se défit de l'emprise du jeune homme et le regarda hurler des injures avec mépris. Alerté par les bruits, Georg fit irruption dans le couloir. En voyant Bill lever son poing, il couru en direction de ses amis et arrêta à temps le poing massacrant du chanteur.
_ Non mais ça ne va pas Bill !
_ Mêle-toi de ce qui te regarde !
cria le chanteur.
_ Mais ça le regarde petit frère... ironisa Tom, c'est lui qui avait acheté la bouteille de vinaigre.
Georg comprit enfin ce qui se passait et cela ne présageait rien de bon. Bill le questionna du regard et le bassiste hocha la tête de haut en bas, confirmant les propos du guitariste. Contre toutes attentes, Bill ne fit pas une deuxième crise. Il s'en alla simplement, les mains dans les poches, abandonnant le combat.
_ Je rêve ou il se retire ? demanda Tom.
_ Non, tu ne rêves pas Tom. confirma Gustav.
_ Qu'est-ce qu'il s'est passé pour qu'il soit si calme ? Enfin calme... vous voyez ce que je veux dire ? interrogea Georg.
_ Sarah est venu le voir tout à l'heure.
_ Elle est là ?
_ Je ne sais pas, elle a quitté sa chambre il y a quelques minutes.


Sarah était sortit en silence du grand hôtel. Assise par terre, sur le trottoir sale que des milliers de personnes traversaient, elle posa son fils à même le sol. Le regardant pleurer de plus en plus fort, sans jamais s'arrêter. Les passants regardaient la scène sans savoir quoi faire, choqués de voir une mère si jeune, mais surtout choqués des paroles qu'elle allait prononcer...
_ T'as faim, hein ? dit-elle au petit ange, ET BIEN CRÈVES-EN !
Oui comment pouvait-elle dire ça... elle le haïssait tellement ce petit bout d'homme et pourtant d'un côté elle l'aimait. C'était tout de même une partie d'elle. La partie la plus étrange, certes, mais toujours une partie d'elle.
_ Non mais ça ne va pas ! T'es folle !
Kimy qui passait par là, se jeta sur le petit qu'elle berça dans ses bras, essayant de calmer ses multiples cris. Oui, sûrement se mêlait-elle de ce qui ne la regardait pas. Mais avait-on le droit de regarder ça sans rien faire ? Qui aurait eut ce courage d'intervenir. Personne... personne avant qu'elle n'arrive ne l'avait fait. Sarah, toujours assise par terre, basculait son corps d'avant en arrière, comme si elle devenait folle. Ses yeux, perdus dans le vide ne laissaient rien percevoir, c'est comme si elle n'existait plus. Kimy s'arrêta alors de s'occuper du petit et s'accroupit de sorte à se mettre face à la jolie brune.
_ Hé... ça ne va pas ?
_ Garde-le ce gosse s'il te fait tant pitié.
_ Je n'ai pas le droit, ce n'est pas le mien. Mais tu devrais t'en occuper.
_ Sûrement.

Kimy était déstabilisée, elle ne savait pas quoi faire face à la détresse de la jeune fille. Devait-elle lui rendre son enfant alors qu'elle semblait être incapable de s'en occuper ? Devait-elle partir et la laisser là, seule... et perdue.
_ Je m'appelle Kimy, et toi ?
_ Sarah !
cria-t-on à la place de celle-ci.
Kimy se retourna et vit avec surprise que la personne qui venait d'hurler ce prénom n'était autre que Georg qu'elle avait vu il y a de ça un jour, après avoir perdu son boulot. Le jeune homme avança vers les deux filles d'une manière hésitante. Il observa Kimy dans les moindre détails et se décida enfin à briser le silence.
_ On s'est déjà vu, je me trompe ?
_ Kimy. La fille que t'as bousculée dans la rue hier soir.
_ Ah oui... c'est ça. Kimy.

Il ne dit rien de plus et reporta son attention sur Sarah qui depuis le début n'avait pas bougé, basculant toujours d'avant en arrière, observant son fils avec un grand mépris, logé dans les bras de Kimy.
_ Sarah, vient... ne reste pas là. lui chuchota Georg.
_ Je ne veux pas !
_ Pourquoi ?
_ Bill...
_ Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

Pas de réponse. Juste encore des pleurs. Oui, une âme pleurait encore pour lui. Il tuait le monde, tout ce qui l'entourait. Mais Bill trouvait ça tellement jouissif d'être à l'origine de leurs pleurs. C'était Bill Kaulitz, le vrai. Au début, ce qu'il aimait c'était de les voir sourire lorsqu'il chantait. Mais c'était devenu tellement obsessionnel qu'il s'y était perdu. A tel point qu'il en avait confondu bonheur et malheur. Et le jour où il comprendrait il serait trop tard. Il en crèverait. Crever de voir le monstre qu'il fut devenu. Et alors ce jour là ce serait Sarah qui rigolerait, lorsqu'elle verrait son nom d'inscrit dans le journal, annonçant sa mort. Car à son tour, elle aurait confondu haine et amour.
"A cause de toi..."


***

Bon, je voulais vous mettre un chapitre avant de reprendre les cours. Voilà qui est fait.
J'espère que ça vous plait et que vous avez passé de bonnes vacances.
Je vous préviens et puis je m'en vais faire mes devoirs que je n'ai pas commencé. --"
Sinon, vivement les vacances de Noël. [xD, non mais parfois je suis particulièrement flèmarde.]
Sur ce, j'vous envoie pleins de gros bisous. <3

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 07:25

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 07:58

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 4 : Sommes-nous maudits ? Piégés dans les griffes monde. Perdus, là où il est trop facile d'entrer. Là où on ne peut pas sortir.

Le monde perdu. "Chut..."Chapitre 4 : Sommes-nous maudits ? Piégés dans les griffes monde. Perdus, là où il est trop facile d'entrer. Là où on ne peut pas sortir.
_ Et elle, c'est qui ?
_ Je m'appelle Kimy.

Tom lui lança un regard noir. C'était la première fois qu'il croisait cette fille et elle ne lui faisait pas bonne impression. Sans vraiment savoir pourquoi. Il serra dans ses bras Sarah, lui embrassa le front tandis qu'elle laissait couler ses larmes sur son tee-shirt blanc. Kimy leva les yeux au ciel en voyant que le guitariste se méfiait d'elle. Elle n'avait pourtant rien fait de mal, au contraire, elle voulait les aider. Etait-ce une mauvaise idée ? Peut-être bien... elle ne connaissait rien du monde dans lequel ils vivaient, ce monde dont l'inimaginable horreur vous laisse couler dans les ténèbres les plus sombres...
Sarah se défit soudainement de l'étreinte de Tom pour se retourner face à Kimy, un regard meurtrier aux yeux. Elle regarda la petite blonde de haut en bas, cherchant peut-être qui pouvait-elle être, ce qu'elle voulait, ce qu'elle cherchait, pourquoi elle s'occupait de leur affaires, pourquoi elle s'occupait de ce qui ne la regardait pas. Kimy ne savait pas dans quoi elle s'embarquait. Elle ne connaissait pas le cercle vicieux dans lequel elle allait s'insérer involontairement.
_ T'es qui toi ! Et pourquoi tu te retrouves toujours sur ma route ! Tu me suis ou quoi ! s'écria Sarah.
_ Je ne te suis pas, hier je me suis fait virée et j'ai trouvé un nouveau boulot ici.
_ Si rapidement ?
intervint Tom.
_ Mon père a des connaissances. Je ne vous veux pas de mal.
Silence méprisant.
Les yeux rivés sur elle, oui, elle avait l'habitude. Mais des yeux remplis de haine, jamais. Alors elle soupira, passa nerveusement sa main dans ses cheveux et décida qu'il était tant de se mettre au travail si elle ne voulait pas encore une fois être renvoyée. Cette fois-ci elle devait y arriver, il n'y avait rien d'important à faire. En fait, c'était le boulot le plus minable qu'elle n'avait jamais exercé, mais elle s'en contenterait. Elle devait faire le ménage dans chaque chambre, faire les lits aussi... ce serait sûrement ça le plus dur.
_ Bon écoutez, pensez ce que vous voulez, je ne vous embêterai plus. Je vais travailler.
Suite à cela elle s'éclipsa rapidement, prête à reprendre une journée de travail et gagner un peu d'argent puisque son père avait décidé qu'elle devait se débrouiller seule et qu'il ne lui donnerai pas un sous de toute sa richesse.
Tom fronça les sourcils en regardant Kimy s'éloigner, non il ne l'aimait pas. Il ne savait pas pourquoi, et puis il s'en fichait bien, elle ne devait pas être quelqu'un de bien, c'était tout. L'enfant de Sarah pleurait toujours dans les bras de Georg qui avait prit le relais. Personne ne s'en souciait, on ne s'en souciait jamais. Sauf ce jour là... le bassiste regarda le petit et réalisa qu'il ne connaissait même pas son prénom. Etait-ce normal ? Il ne savait pas comment s'appelait le fils de celui qu'autrefois il appelait son meilleur ami et de celle qui avait passé toute son enfance avec lui. Etait-ce normal... non. Bien sûr que non.
_ Sarah... c'est quoi son prénom ? se décida-t-il à demander.
_ On s'en fout.
_ C'est juste... j'aurais voulu savoir.
_ T'as qu'à l'appeler Bill Junior.
_ Sarah...

Elle se conduisait sûrement comme une mauvaise mère mais qu'importe. Elle n'avait rien demandé, rien. Ce gosse était entré dans sa vie et l'avait chamboulée. Cet enfant avait tout détruit. Son fils ? Qu'est-ce que ça voulait dire au juste ? Est-ce que ce n'était qu'une étiquette qu'on lui donnait ? Une responsabilité qu'elle n'avait jamais voulu, ni lui. Pourtant lorsqu'elle vu les yeux de Georg la supplier d'être plus tendre, peut-être même de redevenir la Sarah qu'elle était auparavant, elle eut pour réflexe de regarder les yeux de son fils. Il ne hurlait plus, peut-être n'en n'avait-il plus la force. Ses petits yeux innocents en auraient touché plus d'un. Et elle comprit. Une vie commençait et elle devrait rester prêt de ce petit bout d'homme, tout le temps, pour le protéger et lui donner de l'amour. Mais comment donner de l'amour à un enfant que l'on déteste... était-ce triste de penser des choses telles que celle-ci ? Est-ce que ça lui enlevait ce semblant d'humanité ? Avait-elle le droit de penser cela... y avait-t-il des pensées interdites dans ce monde interdit.
_ Il s'appelle Noa.
Voilà elle l'avait dit, elle reconnaissait enfin son existence. Avec dégoût, certes mais voilà qui était fait. Peut-être allait-elle l'oublier dans quelques minutes, son prénom, sa vie, cette réalité désagréable. Ce petit être vivant ne lui était utile que pour une chose : faire revenir Bill dans sa vie. Oui c'était son but, et elle était prête à tout pour ça. Elle voulait qu'il quitte son groupe, elle voulait qu'il quitte sa vie, elle voulait qu'il quitte ce monde et elle voulait qu'il pleure. Elle voulait qu'il la supplie à genoux de le pardonner. Elle voulait qu'il ait mal, autant qu'elle avait mal. Elle voulait qu'il meure, à petit feu... devant ses yeux. Voir la dernière lumière dans ses yeux s'éteindre. Et elle avait monté un plan pour ça mais il ne fallait rien dire, se taire... c'était la meilleure chose à faire dans cet univers. Elle avait comprit qu'on ne pouvait faire confiance à personne. Même pas à soi-même. Sinon c'était perdu d'avance.
"Je te verrai crever devant moi Bill..."
La noirceur de ses yeux aurait effrayé un loup affamé, pourtant personne ne s'en rendit compte. Etait-ce parce qu'elle avec quotidiennement ce regard là ? Ou bien le peuple qui vivait là était-il plus aveugle que s'ils avaient été enfermés seuls dans une pièce obscure, vide et sans lumière...
_ Tom, t'as quelque chose pour moi ?
Habituellement, en entendant cette phrase on aurait envie de lui demander : comment ça quelque chose ? Mais Tom savait très bien ce qu'elle voulait, il en avait l'habitude et puis lui aussi était enfermé là-dedans. Enfin du moins, avant.
_ Non... j'essaye d'arrêter.
_ Ah, c'est bien. Bon... j'essaierai de me trouver un nouveau fournisseur.
_ Tu devrais arrêter toi aussi. Avec le petit, tu vas avoir besoin de fric et puis... tu sais j'ai vu un documentaire, c'est encore plus dangereux qu'on ne le croit.
_ Tom, Tom, Tom... comment toi, tu peux te faire avoir par les médias ?
_ Ce n'était pas des conneries, je t'assure.
_ Ecoute je m'en fous, et puis concernant le fric, je peux compter sur toi, hein ?

Tom n'en revenait pas qu'elle puisse lui demander une chose pareille. Pourtant cela n'aurait pas du le surprendre, il savait qu'elle avait changé, il savait qu'elle était devenue une autre personne. Une personne qui se fichait de tout et qui n'aimait personne. A part peut-être Bill, enfin en apparence car lorsqu'on connaissait les pensées de la jolie brune, cela était beaucoup moins flagrant.
_ Au pire le gosse, il ne bouffera pas.
_ C'est bon ça va, ça va ! Je t'aiderai si t'as des problèmes d'argent.
_ Tu vois quand tu veux ! Bon aller j'y vais mon chou, parce que je n'ai pas que ça à faire.

Elle lui embrassa rapidement la joue et prit son fils des mains de Georg qui ne dit rien et la regarda s'en aller en silence. Tom soupira bruyamment, cela lui faisait de la peine de la voir ainsi, et de voir comment elle s'occupait du petit Noa qui au fond, était son neveu. Il ne s'en était même pas rendu compte, il n'y avait pas encore fait attention. Peut-être parce que Bill ne considérait pas le petit comme son fils. Le monde dans lequel ils vivaient était loin d'être le meilleur mais peut-être n'était-ce pas non plus le moins bon. Tom se réconfortait avec cette idée, cet espoir qu'il y est un endroit meilleur et qu'il y en est un bien plus triste. cela devait sûrement exister, oui, sûrement.
_ Tu n'aurais pas du accepter. le sortit Georg de ses rêveries.
_ Pourquoi ? Pour qu'elle laisse mourir le gamin ?
_ Elle ne l'aurait pas fait.
_ Je crois que si.

Georg se tut, ni l'un ni l'autre ne pouvait dire s'il avait raison. Mais à en regarder Sarah, Tom semblait sur une meilleure voie. Peu importe... les choses sont ce que nous en avons fait. Le présent n'est que le résultat du passé et le futur sera le résultat du présent. C'est pour ça qu'on ne doit jamais agir sans prendre conscience des conséquences. Le danger est permanent. Georg et Tom le savaient bien.
_ Alors t'as vraiment arrêté la drogue ? demanda le bassiste.
_ Je ne sais pas. Je fais un test, on verra si je tiens.
_ Faudrait que ton frère en fasse autant.
_ Il ne se pique pas.
_ Je sais mais il boit, ce n'est pas beaucoup mieux. T'as vu l'état dans lequel il était le week-end dernier ?
_ Que veux-tu que j'y fasse. Il ne m'écoute pas. Ni moi ni personne.

Et toujours ce silence. Gustav qui arrivait derrière eux avait tout entendu. Il s'approcha de Tom et s'assit à la place de Sarah, il y avait quelques minutes avant. Personne ne dit rien, attendant que l'un brise ce silence agaçant. Gustav aurait pu le faire mais il n'en avait pas envie. Il en avait marre de tout ça. Il observait à travers la vitre le monde passer, faire des allers retours sans se soucier de ce qui pouvait se passer à l'intérieur de l'immeuble.
_ Vous n'avez rien à dire ! hurla soudainement Tom, agacé par l'absence de discussions.
_ Si. répondit simplement Gustav.
_ Et bien vas-y ! Qu'est-ce que t'attends !
_ C'est que je ne suis pas sûr que ça te plaise Tom.

Tom soupira et passa sa main dans ses cheveux dreadés, hésitant un peu à répondre à son ami. Enfin s'il pouvait toujours se considérer comme ami. Tout avait changé. Trop changé.
_ Dis toujours. On verra.
_ Comme tu veux. C'est juste que tout à l'heure tu as dis que ton frère ne t'écouterait pas. Ni toi ni personne d'autre. Mais comment peux-tu le savoir... personne n'a essayé de lui parler.
_ Tu te fous de ma gueule ? Je ne fais que ça tenter de le remettre sur le droit chemin !
_ Oui. En lui hurlant dessus.

Tom lui lança un regard accusateur. Gustav rit face à cette réaction. Oui ça le faisait rire de le voir souffrir ainsi. Gustav pensait qu'il ne récoltait que ce qu'il avait semé, comme s'il méritait tout ce qui lui arrivait. Et ce genre de réactions qu'avait Tom, réactions qu'il aurait qualifié de puériles, avaient le don de lui donner ce rire moqueur et sournois.
_ Puisque t'es si malin, t'as qu'à essayer toi !
_ Je t'avais dis que ça ne te plairait pas ce que j'avais à dire.

Tom ne répondit pas. Il s'en alla on ne sait où. Là où il n'entendrait plus les rires de son batteur et les soupirs de son bassiste. Là où il serait seul pour penser. Le seul endroit de ce monde perdu, où il se sentait chez lui... où il avait l'impression, pour quelques instants, d'avoir retrouvé son chemin.


***

Un peu plus de découverte du personnage de Gustav, un peu méprisant, je sais.
J'espère que votre rentrée s'est bien passée. Profitez bien de votre long week-end. =)
Je n'ai pas grand chose à dire alors je vais vous laisser là dessus.
B'sous. <3

Emma : Merci pour tes commentaires miss, c'est gentil. =)
Mathias : ça date un peu mais je ne te l'avais toujours pas dis : dis-moi, comptes-tu trouver une chanson pour chacune de mes fictions ? =D D'ailleurs, celle-ci correspond pas mal au personnage de Sarah. Encore une fois merci. =)

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 11:17

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 08:08